4.Défis/problèmes liés à la participation communautaire en SSP [1]

Site: Centre d’excellence africain pour la prévention et le contrôle des maladies transmissibles
Cours: GESTION DES SERVICES DE SANTE SEXUELLE ET REPRODUCTIVE
Livre: 4.Défis/problèmes liés à la participation communautaire en SSP [1]
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Date: mercredi 1 juillet 2026, 03:45

Défis/problèmes liés à la participation communautaire en SSP [1]

Une analyse de l’état des lieux de la santé communautaire en Guinée a démontré que la santé communautaire est confrontée à neuf défis à surmonter qui sont :
1- l’insuffisance d’équité dans l’accès aux structures de santé sur le territoire,
2- l’insuffisance d’intégration de la santé communautaire dans le système de santé publique,
3- l’insuffisance de la couverture de l’offre communautaire,
4- le faible niveau du paquet et de la qualité de service de santé communautaire,
5- la faible motivation des acteurs de mise en œuvre de la santé communautaire,
6- la faible qualité de la logistique,
7- l’insuffisance managériale organisationnelle et structurale,
8- la mauvaise adaptation du cadre législatif et réglementaire
9- la faible articulation entre les services administratifs sanitaires et les autorités locales.


Défi n°1: Insuffisance d’équité dans l’accès aux structures de santé sur le territoire

L'équité en matière de santé fait référence à la possibilité équitable pour tout le monde d’atteindre son plein potentiel de santé indépendamment des couches démographiques, sociales, économiques ou géographiques (4). Le nombre de structures de santé existantes (hôpitaux, centres de santé et postes) ne permet pas à l’ensemble de la population guinéenne de disposer d’une structure de soins à moins de 5 km de son lieu d’habitation. Même si ce défi n’est pas propre au niveau communautaire, il convient de le prendre en considération ici afin d’assurer un meilleur accès et qualité de services à la population et une vision intégrée du système de santé.

Par ailleurs, la répartition de ces structures est inégale sur l’ensemble du territoire et des « zones d’ombre médicales » persistent dans les zones faiblement peuplées.
A ce déficit de structures s’ajoute celui des ressources humaines. En effet, il existe par exemple environ 925 postes de santés tous dépourvus de sages femmes. Enfin, ce déficit ne se limite pas aux sages-femmes, mais persiste pour d’autres personnels qualifiés (communautaires ou non communautaires) tels qu’infirmiers ou médecins surtout dans les préfectures de l’intérieur du pays.


Défi n°2 : Insuffisance d’intégration de la santé communautaire dans le système de santé

La santé communautaire n’est pas suffisamment intégrée au sein du système de santé. Ceci est apparent dans plusieurs aspects : statut des acteurs de santé communautaire, supervision, suivi, cadre règlementaire et législatif.

Ainsi, le statut et les tâches des acteurs de santé communautaire peuvent être revus et précisés. En effet, la multitude des acteurs requiert un cadre harmonisé et une règlementation précise des responsabilités pour assurer une meilleure qualité de l’offre et la motivation des acteurs.

Par ailleurs, l’encadrement (supervision et suivi) des acteurs de santé communautaire par le personnel qualifié est insuffisant.

A ce jour l’essentiel de ces personnels est souvent incapable de réaliser les supervisions faute de temps ou de budget ou à cause d’un lien limité entre le poste de santé et les collectivités. Le manque de supervision empêche aussi un contrôle consistant de la qualité des services des acteurs de santé communautaire et une remontée appropriée des données.

Enfin, la santé communautaire n’est pas suffisamment prise en compte dans la pyramide sanitaire. Il se trouve que l’organisation du système de santé habituellement décrite à travers les documents de politiques et de stratégies du Ministère de la Santé ne met pas suffisamment l’accent sur le niveau communautaire.


Défi n°3 : Insuffisance de la couverture de l’offre communautaire (soins et création de la demande)

Des manques persistent entre le nombre d’acteurs de santé communautaire présents sur le terrain et les objectifs fixés (données issues des « Expériences communautaires réussies : le paquet communautaire intégré » – Ministère de la Santé) :
ASC et matrones : gap important de postes de santé fonctionnels (ce gap est à évaluer en début de mise en œuvre du présent plan).
Par ailleurs, des inégalités persistent dans la répartition territoriale des acteurs de santé communautaire au détriment des zones rurales ou démunies.


Défi n°4 : Paquets de service de santé communautaire à enrichir et qualité à améliorer

Les paquets de services offerts par les acteurs de santé communautaire demeurent focalisés sur la définition de la demande grâce au diagnostic participatif communautaire.
L’extension du paquet de service à des activités d’offres de soins (ex. administration d’injectables pour les ASC et matrones) se heurte à un défaut de formation et de supervision, mais aussi des restrictions au niveau législatif et règlementaire. Dans certaines localités, les acteurs de santé communautaire offrent des services plus variés grâce à la présence et l’encadrement d’un personnel qualifié, mais ces expériences ne sont pas mises à l’échelle de manière homogène.
Par ailleurs, certains domaines tels que les maladies non transmissibles ne sont pas suffisamment couverts à ce jour par la santé communautaire.
De manière générale, il n’existe pas un cursus et un curriculum de formation uniques, homogènes et harmonisés couvrant tous les domaines de la santé (inclus la prévention, l’hygiène, etc.) pour les acteurs de santé communautaire et qui soient adaptés de manière dynamique. La formation demeure hétérogène ce qui retarde la délégation des tâches et affecte la qualité des services :
– ASC / matrones : la formation initiale doit être améliorée (augmentation du nombre de formations pour les matrones). Dans l’optique de l’extension des paquets de service et de l’institutionnalisation du rôle des matrones, il convient de poursuivre l’effort de capacitation ;
– les hommes et femmes leaders communautaires : la durée de la formation est jugée insuffisante pour une assimilation correcte des connaissances et compétences requises (compréhension parfois approximative des messages à la sortie de la formation, faible taux de rappel des connaissances apprises, difficulté de véhiculer des messages appris durant les formations).


Défi n°5 : Faible motivation des acteurs de mise en œuvre de la santé communautaire

La motivation des acteurs de santé communautaire, (financière ou non financière), demeure limitée et non harmonisée, ce qui entrave la pérennisation des activités et la sécurisation des ressources humaines : pas de motivation financière suffisante du personnel de santé communautaire ; en effet à l’avènement de la santé communautaire la logique des soins de santé primaires reposait sur le principe du volontariat, motivation non-financière insuffisante notamment le manque de statut, ou de formation continue.
Le déficit de supervision par les personnels qualifiés est également vécu comme un manque de reconnaissance.


Défi n°6 : Faible qualité de la logistique

La faible intégration des postes de santé et des acteurs de santé communautaire dans le système de santé s’est traduite par une chaîne d’approvisionnement en produits défaillante (ruptures de stock fréquentes). Le renforcement de la chaîne d’approvisionnement exige également un personnel formé et motivé à la gestion de stock (pharmacies villageoises) pour assurer la pérennisation des efforts.


Défi n°7 : Organisation et structure managériale insuffisantes

Le Document de Politique Nationale de Santé Communautaire insiste dès son introduction sur la persistance de « problèmes organisationnels et manageriels ».
La mise en cohérence de l’activité de santé communautaire présente plusieurs défis :
– Multiplicité d’acteurs (programmes, directions, partenaires techniques et financiers, agences d’exécution, la communauté) et de programmes menés au niveau communautaire avec une coordination et harmonisation limitées des activités et des financements et un manque de partage d’expériences et d’informations ;
– Fragmentation des profils communautaires du fait de la multiplicité des statuts et fonctions (ASC et matrones, relais, hommes et femmes leaders communautaires, etc.) Organisés autour d’une multitude de structures ;
– Manque de supervision intégrée et d’harmonisation des outils de gestion ;
– Insuffisance des systèmes d’informations sanitaires à des fins de gestion de la santé communautaire et de suivi – évaluation ;
–Faible fonctionnent des instances comme les comités de santé.


Défi n°8 : Cadre législatif et réglementaire non adapté

Le retard dans la finalisation des changements législatifs et règlementaires a eu des répercussions fortes au niveau opérationnel. Entre autres retards, on note :
- Le suivi systématique des cas référés vers les postes de santé n’est pas encore réalisé ;
- La disponibilité et prix de vente des produits aux pharmacies villageoises.


Défi n°9 : Faible articulation entre les services administratifs sanitaires et les autorités locales

Dans le cadre du renforcement de la décentralisation et du transfert des compétences devant l’accompagner, il convient de préciser et de renforcer les collectivités locales à jouer leur rôle dans la coordination, le financement et le suivi de la santé communautaire. Il faut fondamentalement clarifier certains aspects :
- Responsabilités exactes des collectivités locales,
- Liaison avec les districts sanitaires et régions médicales,
- Capacitation technique et de gestion des collectivités.


REFERENCES