3. Demande, Offre et Besoins en Soins de Santé et leurs Interactions 7
Conditions d’achèvement
Demande, Offre et Besoins en Soins de Santé et leurs Interactions
3.2 Besoins en soins de santé du point de vue médical
Le terme “besoin” peut être défini en fonction de deux (2) termes qui sont : conceptuellement et opérationnellement. Selon le premier terme « conceptuellement », le “besoin” est une condition caractérisée par le manque total ou partiel d’une chose nécessaire requérant une aide ou une contribution extérieure pendant que le deuxième « opérationnellement » définit les besoins comme les souffrances d’une population. Souffrances et besoins sont confondus. En santé publique le terme “besoin” s’emploie dans son sens opérationnel, c’est à dire “l’estimation, selon l’avis des professionnels et d’après l’état des sciences médicales, des effectifs et de la quantité de prestations nécessaires pour assurer un niveau optimal de soins de santé”. Généralement en santé publique les besoins en soins de santé sont les besoins tels que définis par les services de santé. Donc le terme “besoin” en santé publique sous-entend le besoin tel que défini par le professionnel de santé. Relation entre besoins et demande La réponse aux besoins et demandes de la population, tels que définis par le professionnel de santé, constitue la base de la planification de toute activité sanitaire (l’offre de soins). La relation entre demande et besoins est représentée dans la Figure 3. On y voit que demande et soins ne se chevauchent que partiellement. Le professionnel de santé considérera (1) la part des demandes qui selon lui ne correspond pas aux besoins, comme “demande irrationnelle ou inappropriée”, (2) la part des besoins qui ne sont pas exprimés par une demande, comme “besoins non ressentis” et (3) la part ou besoins et demande se rejoignent comme “besoins ressentis ou demande rationnelle”. La relation entre demande et besoins n’est pas statique. Elle est dynamique et se modifie dans le temps. C’est sur la base des besoins ressentis que peuvent s’organiser les services de santé. Dans le dialogue entre services de santé et population, la culture sanitaire de cette dernière doit être prise en compte, à savoir sa capacité à résoudre elle-même ses problèmes de santé en termes de demande, même irrationnelle. Cela requiert de la part du service de santé une capacité d’empathie. Le prestataire de soins de santé se doit de développer cette capacité pour trouver des solutions adéquates. Il est à rappeler que l’empathie ne se veut pas une identification totale à la souffrance des patients. Elle tamponne l’attitude technocratique et permet d’arriver à une adéquation entre la demande de soins du patient ou de la population et les besoins tels que définis par les professionnels de santé.